Le Yemen compte actuellement une bonne soixantaine de hammams dont la moitié dans la seule ville de Sanaa. Non seulement tous ces établissements fonctionnent, ce qui dénote une pratique restée très vivace se situant à l'opposé de ce qui se passe ailleurs en Orient, mais on continue d'en construire de nouveaux, généralement selon la typologie ancienne, dans les nouvelles extensions urbaines. En outre, les hammams du Yémen se...
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Le Yemen compte actuellement une bonne soixantaine de hammams dont la moitié dans la seule ville de Sanaa. Non seulement tous ces établissements fonctionnent, ce qui dénote une pratique restée très vivace se situant à l'opposé de ce qui se passe ailleurs en Orient, mais on continue d'en construire de nouveaux, généralement selon la typologie ancienne, dans les nouvelles extensions urbaines. En outre, les hammams du Yémen se distinguent de leurs homologues proche-orientaux égyptiens et syriens, notamment par le système de chauffage qui repose sur des conduits parcourant le sous-sol et les murs des parties les plus chaudes (sadr). De même, les bâtiments yéménites sont partiellement construits en dessous du niveau du sol, à tel point que les hammams passent à peu près inaperçus dans le paysage urbain.
Les hammams de Sanaa continuent d'être fréquentés par une clientèle très diversifiée, des citadins certes mais aussi des provinciaux venus de tout le Yémen. La fonction du hammam ne se limite pas à l'hygiène corporelle, ni à ses vertus thérapeutiques réelles ou supposées. C'est avant tout un lieu de sociabilité, marqué par ses rythmes dans le temps et par ses rites et ses traditions dans les pratiques. En bref, il s'agit là d'une véritable « culture du hammam » qui contribue sans doute à insérer dans la cité ces populations nouvellement venues dans la ville et à leur donner une identité citadine.
Jusqu'à une date récente, les hammams étaient gérés de génération en génération par quelques sept ou huit familles liées entre elles par de multiples liens matrimoniaux. De statut social inférieur car appartenant au groupe des bani al-khums, elles louaient les hammams auprès des waqfs et tous leurs membres, hommes et femmes, assuraient à l'intérieur tous les services.
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